Le dégivrage (de-icing) consiste à retirer le givre, la neige et la glace des ailes, de l'empennage et des surfaces de contrôle d'un aéronef avant le décollage, généralement en pulvérisant un fluide chauffé à base de glycol depuis un camion de dégivrage. La règle qui le sous-tend est absolue — le « clean aircraft concept » : aucun vol commercial ne peut décoller avec une contamination gelée adhérant aux surfaces critiques, car même une fine couche de givre dégrade mesurablement la portance de l'aile. Lorsque les conditions l'exigent, le dégivrage n'est pas une décision que l'équipage peut écarter ; c'est une condition légale préalable au décollage.
Le processus se déroule en étapes. Le fluide de type I — chaud, orange, fluide — retire ce qui s'est déjà accumulé. Si les précipitations continuent de tomber, une seconde couche de type IV — verte, visqueuse — adhère aux surfaces et procure un « holdover time », une fenêtre protégée de quelques minutes pour rouler et décoller avant que l'aéronef ne doive être traité à nouveau. Manquez la fenêtre sous une neige abondante et l'aéronef revient pour une nouvelle pulvérisation, au prix fort. Les coûts sont déterminés par le volume de fluide et la tarification de l'aéroport : un light jet nécessitant un rapide retrait de givre peut voir 1 500 à 3 500 $, un midsize sous une neige modérée 3 000 à 6 000 $, et un heavy jet sous des chutes de neige soutenues dans un aéroport d'un grand marché 8 000 à 15 000 $, le fluide étant facturé au gallon à des tarifs qui varient étonnamment d'un aéroport à l'autre.
Pour le client, le fait essentiel est que le dégivrage ne figure presque jamais dans le devis. Il dépend de la météo, si bien que les opérateurs le traitent comme une charge répercutée facturée au coût après le voyage — pratique courante, non abusive, mais qu'il vaut mieux entendre énoncée avant un départ de janvier plutôt qu'après. Conseil budgétaire : pour un vol hivernal à travers le Nord-Est, le Midwest, les Rocheuses ou les Alpes, réservez mentalement quelques milliers de dollars par jour de départ en conditions météo actives. On peut parfois l'éviter par ingénierie — une nuit en hangar à 500 à 2 500 $ offre au petit matin un aéronef exempt de givre qui pourra éviter une pulvérisation de 3 000 $, un arbitrage qu'un bon opérateur suggérera de lui-même. La flexibilité horaire aide aussi : partir à midi plutôt qu'à 7 h 00 peut signifier que le givre s'est sublimé gratuitement.
Deux précisions. Le dégivrage au sol est distinct de la protection contre le givre en vol — les ailes chauffées et les boudins gèrent le givrage en altitude, mais aucun système en vol ne remplace un décollage avec une surface contaminée, qui est un danger distinct couvert par les conditions de givrage connues. Et les retards de dégivrage sont de véritables événements sur le programme : un matin neigeux de pointe sur un terrain fréquenté, la file d'attente pour les camions peut durer une heure ou plus, ce qui interagit mal avec les créneaux d'aéroport et les limites de service de l'équipage. Les itinéraires hivernaux méritent la même marge que les factures de dégivrage.